Grand prix de Barcelone

Chronique d' une galère non annoncée (suite)

Samedi, 6h15 du matin

Après avoir entendu la pluie tomber toute la nuit, je décide de me lever pour essayer de boire un café.
J' ouvre la porte du bungalow, je vois les chaises renversées par le vent et je flippe un grand coup:
"Merde, les motos, déjà que le sol est limite !"
Je tourne à gauche, et je vois les motos dans une flaque d' eau boueuse de 10 centimètres de profondeur, mais toutes sur leurs roues.
"Eh bien, ça a dû tomber pas mal cette nuit ! "

Le bar du camping n' ouvrant qu' à 7 h 30, je décide d' aller voir la plage ou nous devons aller nous baigner en fin d' après-midi, elle est de l' autre côté de la route nationale, il pleut toujours, mais ça se calme, par contre il y a des grosses vagues et les éclairs zèbrent le ciel au large, je crois que c' est pas bon signe, mais on verra bien. Retour au camping, le bar est toujours fermé, et pour patienter je prends un coca au distributeur.
La pluie redouble, je m' abrite sous le porche et une rafale de vent qui m' en veut particulièrement finit de me réveiller en m' offrant une douche horizontale alors que je constate en regardant la nationale en contrebas que la DDE locale pourrait quand même faire des efforts sur les techniques de drainage des eaux de pluie.
Je jette la cigarette que je venais d' allumer vu qu' elle était naze, bois mon coca, et, enfin, le bar ouvre.Café chaud, croissant (tout au moins la forme, parceque pour le goût et la consistance, rien à voir, mais pourtant très bon)
Discussion avec d' autres français qui étaient arrivés un peu après nous, l' ambiance commence à monter un peu, il fait chaud, nous sommes bien. Par groupes, les poteaux commencent à arriver, à faire des plaisanteries sur le mauvais temps, mais nous aurons bientôt la preuve que ce genre d' exorcisme n' est pas vraiment efficace, je crois même qu' on aurait mieux fait d' éviter.

10 h 30, tout le monde est prêt à partir, contact, moteur, GAAAAAAAZ direction le circuit de catalunya, les essais doivent avoir commencé.
Trente kms et plusieurs centaines de litres d' eau de pluie plus tard, nous arrivons aux abords du circuit, et là, vision d' horreur, des cultures de boue presque liquide a perte de vue (imaginez des champs de Danette au caramel), mais c' est pas trop grave, on a des places sur un parking réservé aux spectateur de la tribune F (c' est celle qui est au bout de la ligne droite)Pour ce que nous ont dit les espagnols, je vous traduis uniquement ce qu' on a compris, mais les discussions ont souvent été très longues et laborieuses.
Ça donne à peu près ça:

"Non, vous pouvez pas y aller"
"Pourtant on a des places tribunes F"
"Oui, mais vous pouvez pas"
"Pourquoi ?"
"Boue"
"Ça nous fait pas trop peur"
"Allez voir à pied"

Christophe descend de moto (sans oublier la béquille), monte la petite pente boueuse, redescend et dit: "on peut pas, y' a vraiment trop de boue, au moins 20 centimètres".
Après avoir enfin trouvé une place avec juste dix centimètres de boue, nous nous dirigeons vers les tribunes quand la pluie qui s' était un peu calmée se remet à tomber de plus belle. Nous décidons de nous arrêter à une buvette histoire de se mettre un peu a l' abri.

"Ben, c' est curieux, ils sont tous fermés !?"
"S' il vous plaît monsieur, ça ouvre quand ?"
"Quand il s' arrêtera de pleuvoir"
"??????????????"

La pluie redouble et nous nous précipitons 'à l' abris' sous les tribunes, mais nous gardons les casques enfoncés sur la tête pour fumer la cloppe (c' est galère, mais on peut), les tribune ne sont pas du tout imperméables, y' a même des grosses fuites (ce sont des plaque métalliques posées côte à côte).

La faim qui commence à nous tenailler nous entraîne vers le parking ou nous retrouvons nos montures toujours debout, contact, moteur, GAAAAAAAAAAZ, direction la ville voisine (montmelo) histoire de manger au sec. Après avoir cherché un restaurant accessible, nous réussissons à nous mettre à table sans oublier d' inonder le sol de l' établissement avec l' eau boueuse qui coule de nos vêtements et de nos bottes.

Un repas revigorant et un café bien chaud avalés, nous nous mettons à la recherche de vêtements secs pour Christèle et après une séance de streap tease devant des espagnols visiblement étonnés de voir une fille changer de tee-shirt dans la rue, retour au circuit, mais un peu tard, les essais sont terminés (pas tout à fait, il reste 30 secondes).

"C' est pas grave, la pluie se calme, demain il fera beau pour la course, ils l' ont dit à la télé"
"On a qu' à rester pour regarder la BMW boxer cup, ça peut être sympa, ça commence tout de suite"

Après une attente d' une demie heure de plus que prévu à cause d' un Very Idiot Personnage qui s' était mis en vrac dans un bac à gravier avec la voiture de sécurité, la course commence par une chute juste devant nous, nous regardons jusqu' à la fin car nous sommes quand même venus pour voir tourner des motos.

"Bon, ben on rentre, comme ça on a le temps de se préparer pour aller manger à Barcelone"

Arrivés au camping, nous prenons une nouvelle averse sur la tronche qui nous oblige à nous réfugier par groupe de 4 dans les bungalows heureusement surélevés.
Après un certain temps, l' ennui aidant, nous décidons de partir non pas pour Barcelone, mais pour le resto du camping, de toute façon, comme demain il fera beau, on ira à Barcelone.

le gtroupe à table

Bonne bouffe pas chère, bonne ambiance, tout va bien, vivement demain qu' on voie un peu le soleil.
Quand nous sortons du resto, il ne pleut plus et nous voyons quelques étoiles, les nuages sont moins menaçants, c' est sur, demain je sors la crème solaire.

Après avoir papoté un certain temps dehors devant bière et coca, nous décidons d' un commun accord des horaires pour le lendemain: réveil de tout le monde à 7 heures, départ pour le circuit à 8 heures , nous devrions y être pour les warm-up. De toutes façons, ça peut pas être pire demain ...

Vendredi Samedi Dimanche Lundi

 

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