Tout le monde se lève à l' heure prévue, mais c' est curieux, il pleut. Ça commence quand même à être "un peu" chiant.
Douche et petit-dej, un peu de retard sur le planning, rien de grave, contact, moteur et GAAAAAAZ direction le circuit.
C' est de plus en plus curieux, la pluie redouble, elle se fait même de plus en plus forte et on a droit à un vrai déluge.
Nous garons les motos au même endroit que la veille après avoir tenté d' accéder au seul parking à peu près en bon état, mais il était réservé soit-disant à la presse (la gueule de la presse: famille nombreuse avec glacière et pas le moindre appareil photo, ni caméra ni rien).
Tiens, il pleut moins, chouette !
Pour éviter de prendre mes cheveux dans les yeux, j' achète une casquette - 100 francs, je me suis fait avoir je crois - et dix mètres plus loin, elle tombe dans la boue.
Achat des bouteilles de coca (j' en prends 2)
"Ben, pourquoi vous enlevez les bouchons ?"
"Pour pas que vous les envoyiez sur la piste"
"Les bouteilles, on peut pas les envoyer sur la piste ?????????????"
"C' est le règlement"
"Bon, alors une seule svp" - essayez de garder pleine une bouteille de coca ouverte dans les bousculades vous -
En fait, il ne nous a pas fallu longtemps pour comprendre:
Il y avait un concours et les points étaient collés sous les bouchons.
Nous montons tout en haut des tribunes pour prendre possession de nos places et là, nous nous réconcilions avec l' Espagne:
Nous sommes au bout de la ligne droite, y' a un méga freinage pour prendre le premier virage, ça promet d' être très chaud, on voit une grande partie du circuit et on a un écran géant juste en face, c' est le top.
Ce serait quand même mieux si il arrêtait complètement de pleuvoir, mais bon, c' est comme ça.
Il est déjà 11 heures (je crois) et les 125 commencent a rouler. Il pleut, il pleut plus, il pleut, il pleut plus ... y' en a raz le bol de la pluie !
Départ des 125
Il ne se passe rien de bien intéressant, vues les conditions météo, les écarts se creusent et se stabilisent, pas grand intérêt, les français ne brillent pas particulièrement, Arnaud fait une course d' attente, mais nous les encourageons quand même, on est venus pour ça pi on les aime bien quand même.
Bref, dans l' ordre: Sanna sur aprilia, Azuma sur honda et Borsoi sur aprilia
premier français: Arnaud Vincent, quatrième sur aprilia.
Bientôt les 250, elles sortent des stands, passent devant nous dans un bruit de ... deux temps.
Warm-up, puis feu rouge, feu vert et GAAAAAAAZ - pas nous, eux - premier freinage, premier virage, fantastique départ de Nakano et de OJ, qui prennent le premier virage dans cet ordre, c' est du délire chez les français, puis les positions se stabilisent, et à part un semblant de baston en tête, rien. Heureusement que Jaque essaie de faire quelque chose, parceque sinon, ce serait limite chiant.
"Ben Nakano, il se croit en course super motard ou quoi ? pourquoi il prend cette trajectoire avec le pied à terre ?"
Jaque et Ukawa en profitent pour le passer presque devant nous et creusent tout de suite un écart conséquent, puis plus rien (du moins plus grand chose) jusqu' à l' arrivée.
Dans l' ordre a l' arrivée: Jacque sur yamaha, Ukawa sur honda, Nakano sur yamaha.
L' ambiance commence à devenir électrique quand les premières 500 passent devant nous et les espagnols pètent complètement les plombs quand Criville sort des stands.
Ils sont partis (tous), ils sont arrivés (pas les espagnols, ils sont tombés), mais rien d' intéressant du tout, même le speaker qui n' avait pas arrêté une seconde ne savait plus quoi dire et avait fini par pratiquement se taire, et les espagnols commençaient a quitter les tribunes après que Barros, sur qui ils avaient reporté leurs espoirs, se soit arrêté.
Dans l' ordre a l' arrivée: Roberts sur suzuki (il a fait ses premiers tours sous les sifflets et son tour d' honneur sous divers projectiles), Abe sur yamaha, Rossi sur honda.
Après avoir fait le tour du circuit par les différentes tribunes et buttes de boue (y' en avait, c' était woodstock) histoire de laisser partir le gros des spectateurs, nous avons retrouvé nos motos intactes, nous étions soulagés ... mais y' a quand même un truc: toutes les sorties sont bouchées par les voitures.
Nous réussissons à nous extraire de ce merdier, direction le camping par l' autoroute à allure raisonnable (130 - 140)
PAAAAAAAAF - HIIIIIIIIII
Le moteur de ma 600SS vient de se bloquer, je débraye, je réussi à rester droit et par miracle à me garer sur la bande d' arrêt d' urgence en coupant les deux voies de droite (j' étais en train de doubler sur la troisième) sans gêner personne malgré une circulation loin d' être négligeable.
MEEEEEEEEEEEEEEEEEEERDE.
Coup de chance dans mon malheur, je suis vivant, ma passagère est vivante, on n' est pas tombés et c' est un vrai miracle que nous nous en sortions indemnes.
Christèle ne s' est aperçue de rien, elle a juste senti la roue déraper, mais moi, je suis vert et tremblotant de peur en descendant de ma moto.
Francis qui me suivait sur sa 888 s' arrête ainsi que Christophe et Sophie qui suivaient avec la clio, ils se mettent en protection derrière et on fait le point:
Y' a du jus, les témoins s' allument, le démarreur s' enclenche (on entend le clac en appuyant sur le bouton), mais rien à faire, le moteur est bloqué.
Heureusement, je suis juste au niveau d' une sortie, je recule de 2 mètres et je m' engage en poussant la moto, petite descente, petite montée éprouvante, je VEUX la pousser moi même, je le crois pas ce merdier, station service (repsol)
Quelle galère ...
Je demande à des policiers qui arrivaient si ils veulent bien me dire où nous sommes et là, j' hallucine: y' en a un qui m' envoie chier !!!!
Heureusement son collègue accepte de m' aider, ce qui lui vaut de se faire envoyer balader lui aussi du genre "démerde toi avec lui, je vais boire un café".
On est dimanche, il est 18 heures, je suis en panne sur une voie rapide à côté de Barcelone, mon moteur est sûrement naze (on a essayé de la pousser en 5eme mais le moteur est bel et bien bloqué), j' ai les boules.
"Allô amv assistance ? je suis en panne en Espagne"
"Où êtes vous exactement ?"
"Station repsol numéro b-40 sur la rocade ..."
"On vous envoie un dépanneur, si il est pas la dans 3/4 d' heure, rappelez nous"
3/4 d' heure après:
"Allô amv assistance ? le dépanneur il est pas la"
"On vous rappelle"
1/2 heure après:
"Allô, c' est amv assistance, le dépanneur est passé et vous a pas vu"
"Quoi ??? Le parking fait 200 mètres carrés, pas un arbre, pas une voiture à part la clio de mon pote, y' a deux motos rouges en plein milieu et il nous a pas vus !!!???"
"Il a dit qu' il arrivait, rappelez si il y a un problème, mais ils savent quoi faire"
Une heure et quelques minutes plus tard, on voit un camion de dépannage moto qui arrive et là, nouvelle hallucination, le chauffeur fait demi-tour au frein à main à côté de nos motos !
"C' EST QUOI CE CON ? C' EST A LUI QUE JE DOIS CONFIER MA MOTO ????"
Je flippe encore une fois
Il descend de son camion avec un grand sourire et me demande ce que je veux qu' on fasse de la moto.
"Ben je sais pas moi, vous faites quoi d' habitude ?"
"Je sais pas, on fait quoi de la moto ?"
"Ben pourquoi vous savez pas ?"
"On fait quoi de la moto ?
"DANS LE CAMION, DIRECTION AUBAGNE, FRANCE !!!!"
"A no senior, no es possible"
"Allô amv... comment on fait, il est là mais il est au courant de rien"
"Vous lui donnez la carte grise, le certificat d' assurance et un papier autorisant amv assistance à transporter le véhicule"
"Merci, mais vous pouvez lui expliquer tout ça en espagnol pour être sur qu' il comprenne ?"
"Bien sur monsieur"
Je lui passe le tel, il discute 5 minutes avec la fille, me rend le téléphone
"Alors, il a compris ?"
"Oui oui, pas de problème"
"Merci"
Je tends la carte grise au mec, IL EN VEUT PAS !!!!!
"Allô amv ? L' AUTRE CON IL A TOUJOURS PAS COMPRIS, il veut pas mes papiers et je commence à m' énerver un peu, alors vous le rappelez sur SON portable, vous lui expliquez clairement ce qu' il doit faire, vous lui dites aussi que les photos que j' ai faites de la moto, c' est pour montrer qu' elle était en bon état avant qu' il y touche parceque son arrivée façon ducon répliqua m' a donné (déjà) envie de lui mettre une baffe et que ça risque de pas tarder à tomber"
Du coup, cette fois, il a tout compris et vu comme il nous a regardé, je crois que la dame lui a tout dit, il est parti tout doucement, en me séparant pour un moment de ma belle que je n' ai pas voulu regarder partir. Je venais de broyer du noir pendant trois heures, nous repartions rejoindre les autres au camping, nous ne sommes pas allés à Barcelone, il était trop tard, direction le resto du camping, tristesse dans ma tête et larme dans mon oeil, tiens, il pleut, ça faisait longtemps.
Le repas se passe sans problème, retour au bungalow, coca, cloppe, coca, cloppe, pas sommeil, les boules, il est 1 heure, direction le pieux, nuit blanche.
Personne n' ose plus dire que demain sera mieux ...