Je sors du bungalow, direction le bar, à 7h30, tout le monde me rejoint là bas par groupe, essaye de me consoler, de me rassurer pour ma belle, mais je sais que c' est grave, et faire le retour en voiture me fout les boules, mais je ne peux pas faire autrement.
Rangement des bungalows, bagages chargés, c' est le départ, il est à peu près 10 heures. voir les potes rouler me fait envie, mais merde, ma passagère est a côté du chauffeur, nous sommes vivants tous les deux, on peut presque se réjouir.
Après un trajet sans histoire, séparation du groupe au péage de Lunel, manu repart vers vienne après une série de photos (dont celle ci-dessus prise par un CRS qui revenait probablement d' une manif ou ils avaient pris leurs lacrymogènes dans la tronche vus les yeux), les motos repartent vers le beausset et nous vers marignane pour déposer Christèle puis, enfin, Marseille.
Il est 18 h 30, je suis chez moi, il pleut à Marseille, mais je suis chez moi.
- j' avais acheté un maillot de bain exprès, c' est le seul vêtement qui soit resté sec
- j' avais acheté de la crème solaire
- j' ai passé quatre jours dans mes bottes de moto humides, voir même gorgées d' eau
- j' ai mis mes gants à la poubelle
- j' ai perdu ma casquette à 100 francs
- plus grave: il y a eu cinq morts a cause des inondations a 60 km du camping, des routes coupées, des coulées de boue ...
- j' en oublie forcement, ça n' a pas arrêté de merder
- les espagnols utilisent des rondelles sur lesquelles ils ont gravé le prix (25 pesetas) comme pièces de monnaie
- en Espagne, il pleut tout le temps
- en Espagne, les mauvais pilotes de rallye se recyclent dans l' assistance/dépannage
- AMV assistance devrait imposer une visite chez le dingologue aux candidats à l' agrément
- en Espagne, y' a un flic sur deux qui accepte de rendre service
- l' Espagne n' est pas faite pour moi
- l' Espagne rend parano
- il ne faut jamais dire que ça peut pas être pire
- si je coince l' enfoiré(e) qui nous a jeté un sort ... je l' envoi en Espagne
- le prochain qui me dit qu'en moto, y' a parfois des galères, je pourrai enfin lui répondre que je suis au courant
- on a bien fait de pas décider de camper en toile de tente
- les CRS français ont tellement peu l' habitude qu' on les traite en être humain que quand ça se produit, ils pleurent
- je ne remettrai plus les roues en Espagne
- j' étais avec une bande de filles et de gars super sympas, ils m' ont soutenu et réconforté autant qu' ils l' ont pu et a aucun moment je n' ai eu l' impression d' avoir un peu gâché la fête
Désolé pour la longueur du compte rendu, mais une poisse pareille, franchement, c' est pas possible, surtout que c' était ma première grande virée en moto (mais sûrement pas la dernière)
Tiens, il pleut.