Mercredi 19 Juillet 2006, 13 heures 30
Francis et moi quittons Marseille, direction Nogaro pour un week-end organisé par le DCF. Quatre courses au programme: Ducati del tutto mono, Vecchio Ducati twin, 4 heures et 6 heures.
Après 7 heures de route, nous arrivons au camping municipal de Nogaro, bordé par un aérodrome et par le circuit (c' est curieux cette manie de coller des pistes d' aviation à coté des circuits).
Un petit coup d' oeil au portail de communication entre le camping et le circuit ... il est fermé, c' est pas grave, il sera sûrement ouvert demain.
Il commence à faire nuit quand nous finissons de nous installer et après un petit repas pendant lequel nous finissons nos dernières boissons fraîches et une douche, nous allons nous coucher.
La chaleur sous la toile de tente est à la limite du supportable, mais une petite pluie d' orage me fait penser que le temps a une chance d' être plus frais demain ...
Jeudi 20
Après un café et une bonne douche, il est l' heure de partir en reconnaissance au circuit.
Le portail de communication est toujours fermé et nous décidons donc de partir par le village.
La chaleur devient rapidement assommante
mais nous ne savons pas encore jusqu' où le thermomètre va monter ...
Après avoir pris un vrai café dans un bar, direction le circuit pour que Francis s' inscrive aux essais libres du vendredi.
Nous arrivons sur place après 20 bonnes minutes de marche sous un soleil de plomb, la climatisation du bureau d' accueil fait vraiment du bien ... Retrait de la fiche des horaires, l' hôtesse est trop rapide à mon goût et nous nous retrouvons à nouveau au soleil. Le bitume surchauffé et le ciel sans nuage me fait penser que nous avons bien fait de nous installer sous les arbres du camping ...
Un petit tour du padock clairsemé après avoir regardé 5 minutes les voitures qui tournaient sur le circuit (Porsche et Ferrari) puis nous décidons de rentrer au camping en passant par le portail qui devrait être ouvert maintenant ... ah non, il est toujours fermé. Francis décide de passer par dessus, mais mon esprit civique et mon attirance pour le vide me dictent de repartir par la route.
30 minutes plus tard, je suis de retour au camping.
C' est l' heure de l' apéro, mais avec la chaleur ambiante, impossible de boire frais, tant pis, ce sera apéro chaud.
Les têtes connues commencent à arriver, le camping devrait bientôt afficher complet.
Les choses sérieuses commencent demain avec les essais libres, j' espère juste que le ciel sera un peu plus clément, que la température va baisser un peu, on verra bien. Pour l' instant, le seul souffle d' air nous vient des avions qui font le plein juste derrière nous.
Après le repas, retour au padock histoire de s' imprégner de l' ambiance, la nuit tombe mais pas le thermomètre, si la chaleur persiste, les endurances de 4 et 6 heures risquent de marquer les mécaniques et les organismes.
Vendredi 21
Le jour se lève sur le camping, on se demande si certains seront prêts pour leur séance, surtout les voisins qui ont passé leur temps à tout démonter / remonter sur leur 999.
La pression est montée d' un cran, les essais libres commencent bientôt et ce put... de portail est toujours fermé. Tant pis, je pars un peu plus tôt et donne rendez-vous à Francis à l' entrée des stands. L' objectif de la journée: gagner au moins 2 secondes sur son chrono de l' année dernière ...
Les concurrents commencent à arriver et avant d' aller prendre mon poste de chronométrage (au dessus des stands), je discute un peu avec les pilotes rencontrés la veille.
La séance débute, j' attends quelques tours et je commence à noter les chronos, ou plus exactement les heures de passage de Francis, mon téléphone n' ayant pas de fonction chronomètre: 15h 06:33 - 15h 08:36 - 15h 10:40 - 15h 12:41 - 15h 14:43 - 15h 16:36 ce qui, avec de rapides calculs donne: 2.03 / 2.04 / 2.01 / 2.02 / 2.03.
Je rejoins Francis à la sortie de la piste et lui annonce les résultats ...
"C' est pas possible, tu t' es planté, c' est 2 secondes de plus que l' année dernière ! Il marche pas ton téléphone !!!"
Je décide de ne pas écrabouiller mon appareil tout de suite et assiste en simple spectateur aux séances suivantes.
"Alors j' ai fait combien à cette séance ?"
"Je sais pas, comme mon téléphone déconne, j' ai pas chronométré"
"Bon, c' est pas grave, demain, on a les transpondeurs, on verra bien ..."
Après le contrôle technique dans un véritable four, c' est le retour au camping, il y a un raccourci et le trajet ne me prend que dix minutes.
Quelle chaleur ... Direction le supermarché, il faut bien manger.
Samedi 22
Cette fois, on y est, le programme est chargé: essais chrono pour toutes les catégories, premières course des twins et des monos ainsi que la course des 4 heures.
Alors Francis, ça donne quoi ce chrono ? 2.00.991 ? Il marche pas si mal mon téléphone alors ... 22ème sur la grille, ça en fait du monde à passer ...
Après un aller-retour au camping rapide, c' est l' heure de trouver une bonne place pour faire des photos. Pas si simple avec ces rangées de grillage partout.
En passant derrière un poste de commissaires de pistes, je leur demande s' ils ne connaissent pas un bon endroit, et un vilain barbu avec un zoom presque aussi long que son avant-bras se retourne et me dit en se marrant:
"ici, c' est pas mal"
"mouarf, t' es rigolo toi, mais j' ai pas le droit de passer"
"si si, t' as qu' à faire le tour et venir nous rejoindre"
Trop cool, juste au bout de la ligne droite, à l'endroit que l' on nomme "le trop tard", poste numéro 7.
Merci les gars !
L' objectif du jour: réussir à cadrer une photo avec mon nouvel appareil, j' ai même pas eu le temps de lire tout le mode d' emploi, alors pour les exercices de style, on verra plus tard.
C' est le départ. Premier passage devant moi, je prends mes premiers clichés ... merde, j' ai laissé le grand angle, pas top pour faire des gros plans ... je change vite d' objectif et je suis prêt quand les motos reviennent, j' ai droit à 10 tentatives et j' en ai déjà raté une, un peu de concentration et ça devrait aller.
Les tours passent, l' appareil photo crépite ...
Les 10 tours de la course sont faits, Francis finit 20ème à 1.36 du premier avec un meilleur tour en 1.56.328, c' est une seconde de mieux que son chrono de l' an dernier.
Le temps de boire un verre avec lui et je retourne à mon poste pour la course des 4 heures, mais je n' y resterai pas très longtemps, le soleil est en train de me ruiner les jambes.
Le temps de faire quelques photos et je vais me balader un peu dans le padock.
J' ai entendu dire que ce jour là, la température était montée jusqu' à 39 à l' ombre et 68 sur la piste ... heureusement, on a fini par trouver des glaçons au supermarché et l' apéro de ce soir nous fait vraiment du bien.
Dimanche 23
C' est le dernier jour, la température semble plus raisonnable que celle d' hier, mais je décide de mettre le jean aujourd' hui, mes jambes sont couleur homard bien cuit, pas la peine d' insister avec le short (je sais Francis, si je t' avais piqué de la crème solaire, je n' en serai pas là).
Première quête de la journée: la tente du spaghetteam pour trouver une casquette et les t-shirt souvenir.
C' est l' heure de la deuxième course des twins, je retourne au poste 7.
Le troupeau passe sans problème le premier tour, et au deuxième, Gérard Pont tombe juste devant Francis !
Heureusement, il arrive à l' éviter. Les commissaires se précipitent pour dégager et nettoyer la piste.
La 900 SS à couple n' a pas l' air d' avoir trop souffert à part une fuite au réservoir. Le pilote est indemne, la course continue ...
Francis finit 15 ème de cette manche à 1.44.85 du premier et un meilleur chrono de 1.56.952.
Je le retrouve à l' entrée de la piste, il est allé se changer pour tenir son poste de commissaire pour les 6 heures. Il ne veut pas que je le prenne en photo avec sa combinaison toute blanche, il préfère attendre qu' elle soit un peu plus sale.
Pour la course des 6 heures, je suis invité dans les stands par Pierrot et sa troupe qui court sur l' aprilia numéro 17.
Le départ "bol d' or" est impressionnant vu de ce coté de la piste.
Après avoir traîné un peu dans les stands, je retourne à mon poste d' observation afin de finir de remplir la carte mémoire de mon appareil photo.
La chance est avec moi, l' équipier de Pierrot me gratifie d' une jolie figure au moment où je déclenche ... merci :o))
Les tours s' enchaînent, les six heures mettent à l' épreuve pilotes, machines et spectateurs, moi y compris. Je reste encore un peu, mais le soleil ne tardera pas à venir à bout de ma résistance, le moindre rayon qui frappe mon jean me fait regretter la crème solaire (je sais, le noir c' est pas idéal avec un temps pareil).
Un pilote passe et fait coucou sur l' angle. Je me retourne pour voir à qui il s' adresse, mais je ne sais pas ... à moi ? Peut-être ... Au tour suivant, il recommence ... ça doit l' amuser de prendre de l' angle d' une seule main :o) Si il recommence, je le prends en photo.
Cette fois, je craque, trop chaud. Je dis au revoir aux hommes en blanc et je vais dans les stands pour l' arrivée.
C' est la fête sur la ligne d' arrivée, tous ceux qui ont fini sont soulagés.
C' est l' heure de plier les toiles, retour à la maison. Il est 20 heures 30, je devrais être à Marseille vers 2 heures du matin.
Devant nous, deux Aprilia ... vas y Francis, fais leur l' inter ! Mouarf ! le camion qui tire les 2 motos ne peut pas suivre la Ford ... Passage, re-passage, dernière vision de cette fin de semaine.
J' ai les jambes tellement brûlées que j' ai des oedemmes aux chevilles, mais que de souvenirs dans la tête (et plus de 450 Mo de photos sur l' ordinateur)
Merci aux pilotes pour ce fabuleux spectacle, vu du poste 7, vous êtes vraiment des malades !
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